mardi 13 mai 2014

LE TEMPS

Cf. Ephémérides du 12/05/2014 :

Demain soir, atelier philo sur le thème : « la pensée et le temps » ; ci- après la présentation du thème par BRAHIM qui  l’avait proposé :

La pensée et le temps
Je perçois le concept comme une torche qui permet d’éclairer des recoins sombres du tableau du monde. Or la pensée et le temps sont parmi les concepts les plus ardents de la philosophie. Que puis-je donc voir avec deux torches en même temps?
Je me suis d’abord tourné vers les sciences de la nature dans l’espoir de voir enfin ce fameux temps invisible. Car depuis que Newton l’a dompté sur un chemin rectiligne, tout le monde a cru que le voile intégral sur le tableau du monde a enfin été levé. A ma grande surprise, j’apprends en tendant l’oreille à ce qui se dit dans les congrès de la cosmologie que le temps était devenu pour eux un invité encombrant, incommodant, et qu’ils feraient mieux de s’en débarrasser le plus tôt possible et tant qu’à faire de l’espace aussi (C. Roveli, "Et si le temps n’existait pas", Dunod 2012). Au niveau fondamental, pour certains physiciens le temps et l’espace ne semblent plus nécessaires (j’en connais un qui doit se retourner dans sa tombe).
Ainsi, je suis reparti triste et frustré en me disant que la science ne pense peut-être pas en effet !
Il me reste donc à éprouver la philosophie, que peut-elle penser du temps ? En guise de matière à penser, j’ai mis en correspondance sur le tableau suivant quelques similitudes et différences entre la pensée et le temps:
          La pensée                                                                  Le temps
La pensée a besoin du temps (sauf dans les rêves?)Le temps n’a pas besoin de la pensée
La pensée est-elle réversible ?                                Le temps est irréversible
La pensée spatialise                                               Le temps se spatialise
La pensée transcende le temps                               Le temps transcende-t-il la pensée ?
On n’arrête pas la pensée                                      Le temps non plus
La pensée est verticale                                           Le temps est horizontal
La pensée a une histoire                                         Le temps a-t-il une histoire ?
La pensée vieillit…                                                 Le temps reste jeune…

Aussi, pour décrire le lien fort entre la pensée et le temps, l’image qui me vient à l’esprit est celle d’une onde qui définit une temporalité, une pulsation pour être précis. Pour illustrer cette idée, j’ai esquissé un schéma qui met à plat cette image (un schéma permet de transcender l’imaginaire). Avant d’être je n’étais même pas une «chose mentionnable», après être je disparaitrai du langage, et entre être et non-être la pensée se déploie dans des temporalités pulsées par le rythme du monde et des autres.

Brahim
                                                                          Pulsations de l’être
                                               Horizon du monde
Pensée:    Avant l’être               temporalité          Après l’être                                                                    Horizon du langage                                                                                                                          temps

  Quelques remarques :
         1) Pourquoi "en même temps"; et dans ce cas comment? Qui tient les torches? Avec laquelle est éclairée le "temps"?
           
2) Que la science remette en cause la façon dont jusqu’à présent la question du « temps » était abordée et analysée ne peut en aucun cas être la manifestation que la science ne pense pas, mais bien au contraire qu’elle pense et qu’elle est capable de remettre en question ses propres conclusions.
3) le « temps » est-il une réalité en lui-même ou d’abord une façon que nous avons de parler de phénomènes que nous observons et dont  nous essayons ainsi de rendre compte ? Quels sont ces phénomènes sinon le fait pour tout être d’apparaître, se développer, et disparaître, selon un rythme propre à chaque catégorie d’être, ce qui constitue la « temporalité » de cet existant ? Seule peut-être existe réellement cette temporalité, propriété de l’existant, et non réalité à part.  Le « temps » et « l’  espace » sont en effet d’abord des outils théoriques dont l’homme s’est servi jusqu’à présent pour rendre compte de ce qu’il observait et nous avons fini par les confondre avec des réalités proprement dites, compte tenu que les éléments eux-mêmes étaient pensés par nous comme fixes et ne « bougeant » que suite à l’influence sur eux d’une cause extérieure, et en particulier du « temps » . Penser le « temps » comme la propriété pour tout être d’être « temporel », suppose au contraire que nous pensions d’abord cet être, non comme fixe, mais comme « évoluant ».
4) Cette « temporalité » a son propre rythme dépendant à la fois de la structure de l’être en question, et des influences externes ( en particulier la gravité) qui s’exercent sur lui, l’univers lui-même ayant sa propre temporalité qui me donne le sentiment que le « temps » s’impose à moi, et à tous, comme un élément extérieur. Le terme de « pulsation » utilisé par Brahim est d’ailleurs ici intéressant.
     5) Ma temporalité est donc elle-même évolutive et variable ; elle réside, en fin de compte, dans le rythme de mon acheminement vers la mort, rythme  sous l’influence constante et indissociable de causes externes et internes, dont la répartition est quasi, et peut-être même tout à fait, impossible à déterminer.
            6 ) Qu'est-ce qu'une pensée verticale? L'adjectif est-il ici pertinent?

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